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TADDO

L’appel a notre devoir de mémoire par notre cher et dévoué ami, René VENTO, lors de l’Assemblée générale du 20 décembre 2009, m’a décidé à venir, si vous le permettez, vous donner quelques renseignements et commentaires sur la personnalité de mon aïeul qui fut, de son vivant, une distinguée figure bônoise attachée à sa profession et à la manière dont il accomplissait son travail.

Fonctionnaire de la commune de Bône, il a exercé pendant longtemps l’emploi de conservateur du cimetière européen. Tant et si bien, que tous les bônois le connaissent sous le pseudonyme de TADDO. J’ignore l’origine et la signification. Toujours est-il que, même actuellement, si un compatriote vous dit « je t’envoie chez TADDO », cette expression signifie une menace d’envoyer son interlocuteur au royaume du repos éternel.

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Salvator TOMASO, dit TADDO

Dans cet article, je tiens à faire connaître la véritable identité de TADDO et par la même occasion, je réponds à Marc SPINA, Bônois échoué à Niort (Deux Sèvres) par la force des événements, suite à son article paru dans la Dépêche de l’Est N°2 de juin 2005, sous le titre « La petite fille de TADDO ». Je peux lui dire qu’il n’a pas rêvé et qu’il a sans aucun doute bien rencontré la petite fille de TADDO. Mon aïeul a bien existé et avait une grande famille dont les descendants vivent actuellement dans différentes régions de France en particulier dans le Centre ainsi que dans les départements suivants : Côte d’Or, Indre et Loire, Loiret et, naturellement, les Bouches-du-Rhône .

Ceci dit, je vais maintenant vous parler de Monsieur TADDO, dont le véritable patronyme est Salvator TOMASO. Issu d’une famille d’origine napolitaine, il est né à Bône le 18 octobre 1874. Le 25 novembre 1893 , à Bône, il a épousé Eulalie MAZNATE, née, elle aussi à Bône. De cette union naquirent quatre enfants : Gaëtan Antoine, mon grand-père, malheureusement mort pour la France le 8 septembre 1914 à Chambry (Seine et Marne) ; Augustine dont la fille, Adrienne, a été rencontrée par Marc SPINA ; Marie-Louise, devenue Madame Théau ; Sauveur, né en 1914. Voilà récapitulée la généalogie de Salvator Tomaso, alias TADDO.
D’où provient la notoriété de cet aïeul ? C’était un homme très jovial, très cordial et simple. Il aimait la compagnie, la bonne chère, se tenait bien à table et était toujours prêt à raconter des histoires bônoises avec naturellement l’accent et le geste. Par ailleurs, il était très soigneux de son physique et arborait de magnifiques bacchantes. C’était un Play-Boy avant l’heure. Il était souvent accompagné d’un magnifique chien loup. Dans son métier, il était très sérieux, serviable et toujours prêt à aider les familles touchées par un deuil.

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La maison de TADDO à l’entrée du cimetière

Photo prise par Gérard Rodriguez en mars 2010

Ayant atteint l’âge de la retraite, il quitte naturellement la belle maison située à l’entrée du cimetière, maison qui avait vu naître ses quatre enfants. Il fut remplacé par Antoine ELLUL. Devenu veuf, il fut hébergé par sa fille Marie-Louise, veuve THEAU, qui possédait une belle villa au fond du quartier de l’Orangerie.

Après sa retraite, TADDO se reconvertit dans le métier d’horticulteur fleuriste, surtout dans le domaine des chrysanthèmes. Il exploita pendant quelques temps une boutique de fleurs, située aux Quatre-Chemins, route du Pont-Blanc, un peu avant la rue de la Villette.
Il s’éteignit à Bône le 28 décembre 1951, après avoir vécu 77 ans dans cette ville. Les Bônois lui firent des funérailles dignes de sa renommée.

Félix TOMASO
NDLR
La légende de TADDO à travers les auteurs bônois
Selon Rachid HABBACHI, Tado ou Tadeau est un personnage incontournable de la mort à la bônoise. Malgré le fameux cimitière qu’envie de mourir y te donne, à Bône, personne ne meurt, tout le monde va chez Tado, même lui n’y a pas coupé.
Selon Louis LAFOURCADE, le nom de THADO était prédestiné car il dériverait du grec, thanatos (la mort) et de domos (la maison).

 

Mis à jour (Samedi, 29 Juin 2013 21:10)