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Le Père Bonaventure CHETCUTI

Dans le numéro 11 (septembre 2007), notre cher bulletin trimestriel, « la Dépêche de l’Est », publiait un article de José GRECH intitulé « Joannonville de mon enfance ». Avec beaucoup d’humour et de justesse, l’auteur décrivait le Père Bonaventure CHETCUTI, figure emblématique de l’église Sainte-Monique.
Tous ses anciens paroissiens apprendront, avec beaucoup de tristesse son décès, survenu en Malte, à Birkirkara, le 4 novembre 2009, à l’âge de 91 ans.

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Le père Bonaventure CHETCUTI dans sa chambre au Prieuré Saint-Augustin à Valetta (Malte). Photo prise le 14 juillet 2006

Il était né le 9 août 1918 à Cospicua (Malte), ordonné prêtre en 1940 dans l’Ordre de saint Augustin) et fut envoyé à Victoria (Gozo), ainsi que d’autres pasteurs, en tant que réfugiés de guerre, la capitale Valetta étant bombardée. En juillet 1946, pionnier de l’après guerre, il rejoignit Bône en novembre 1946 et remplit sa mission auprès des personnes âgées dont s’occupaient les Petites Sœurs des Pauvres tout près de la Basilique d’Hippone.
Le 4 janvier 1948, le Révérend Père Chetcuti est nommé vicaire, chargé de desservir la chapelle Sainte-Monique, qui avait en charge le quartier de Joannonville et la campagne avoisinante, notamment le village de l’Allelick. En cinq années, grâce à son zèle ardent et son inlassable dévouement, il mena à bonne fin la construction d’une nouvelle église Sainte-Monique qui fut inaugurée, le 15 février 1953, par Mgr DUVAL, évêque de Constantine et d’Hippone.

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Eglise Sainte-Monique devenue mosquée. La statue de Sainte Monique se trouve actuellement dans l’église Saint-Joseph de Béziers
Photo prise par Georges REFALO en 1980

En 1958, il quittait sa chère église et fut appelé à la plus grande paroisse de la ville de Tunis, l’église du Sacré Cœur, où il fit, là encore un travail remarquable. Il retourna ensuite à Annaba, le nouveau nom de Bône, auprès des Petites Sœurs des Pauvres puis revint en Tunisie, à La Goulette. En quittant définitivement l’Afrique du Nord, il se rendit à Palerme et Cararre (Sicile) car on avait besoin de lui et il répondait toujours présent. En raison de sa santé déclinante, il fut admis au Prieuré Saint-Augustin de Valetta (Malte) où il retrouvait donc, définitivement, l’île de sa naissance. Malgré sa vue qui déclinait inexorablement, il continuait à dire la messe en utilisant une grosse loupe pour les différentes lectures et s’occupait des confessions à l’église Saint-Augustin qui jouxte le Prieuré.

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La Basilique Saint-Augustin, toujours majestueuse sous le ciel d’Annaba avec, à ses côtés, le bâtiment accueillant les personnes âgées

Photo prise par Gérard RODRIGUEZ en mars 2010.

Fin 2008, après de multiples problèmes de santé (opération, zona, locomotion de plus en plus difficile, vision presque nulle), il partit à la Maison du clergé de Birkikara où il resta 11 mois, le 4 novembre dernier, il s’éteignit.
En 2007, lors de notre second séjour à Malte et Gozo, nous avons passé avec lui de nombreux moments pleins de nostalgie car il parlait beaucoup de ses anciens paroissiens, citais de mémoire de nombreux noms (beaucoup de Maltais) et évoquait aussi avec une grande tristesse, les cercueils alignés au fond de son église Sainte-Monique, avant les obsèques, victimes innocentes des attentats du F.L.N.
Chers amis bônois, j’ai peut-être été long mais c’est mon cœur qui a parlé car je voulais rendre hommage à cet homme d’une grande piété, très attaché à saint Augustin et sainte Monique et surtout qui n’avait jamais oublié ses années passées à Bône. Petite anecdote personnelle, nous avions l’habitude, ma mère et moi (et comme beaucoup de Bônois), de visiter les églises au moment de Noël pour admirer les crèches ; je puis vous dire que celle de l’église Sainte-Monique de Joannonville était superbe et animée, ce qui était rare à l’époque ; je n’avais que 12 ans en 1958 mais je m’en souviens comme si c’était hier !
Merci à la Dépêche de l’Est qui devient, au fil des parutions, un magnifique bulletin. Toutes mes amitiés à l’équipe de rédaction et du bureau de l’A.E.B.

Joris SULTANA.
Fils de Jean (A.S.B Natation, professeur au collège technique) et petit-fils de Georges (P’tit Mousse)

Mis à jour (Samedi, 29 Juin 2013 22:24)