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Robert Cohen : le Bônois devenu champion du monde de boxe

Entre novembre 1953 et septembre 1954, Robert Cohen a remporté les titres français, européen et mondial des poids coqs. Sur les rings, ce jeune bônois, né le 15 novembre 1930 dans La Vieille Ville, a laissé l'image d'un homme courageux, attachant et surdoué dans le combat. Pour les Bônois de notre génération, Robert était notre modèle, notre idole pour reprendre un mot à la mode. Dans le but de transmettre notre mémoire à nos descendants, il m’a paru essentiel de rappeler quelques étapes de la carrière sportive de ce Bônois hors du commun.

Ce 15 novembre 1930, Simon Cohen, coiffeur,  fermait sa boutique place Caraman avant l’heure. Son épouse, Henriette, venait de lui donner un cinquième enfant, deuxième garçon, prénommé Robert.

Dès l’âge de six ans, en sortant de l’école, Robert retrouvait dans un terrain vague voisin de la boutique paternelle, des camarades s’exerçant à des jeux pugilistiques. Bagarres organisées entre gosses du quartier où l’enfant s’assura la réputation de cogneur.

Un jour de 1943, l’institutrice et le directeur d’école informèrent Simon des incartades et des escapades d’école buissonnière de son gamin de 13 ans, ce qui valut quelques taloches à ce dernier. On décida de lui faire quitter les bancs de l’école, à sa grande satisfaction.

Robert devint, de façon épisodique, apprenti plombier, apprenti forgeron, menuisier, ébéniste, mécanicien et enfin, de façon stable, conducteur de grue dans une entreprise des Ponts et Chaussées.

Puis la guerre survint et les Cohen se réfugièrent à Constantine. De retour à Bône, tout avait changé car la guerre était passée par là et la ville n’avait pas été épargnée par les bombardements.

Commence alors pour Robert, une vie où le sport n’avait pas une place prépondérante.

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Robert Cohen lors de son retour triomphal à Bône en octobre 1954. À ses côtés dans la voiture, Roger Léoni et à l’arrière, madame Henriette Cohen.

  • Le déclic

En février 1948, des affiches apparaissent dans tout Bône : un sport jamais vu ici, la boxe, avec une équipe algérienne (pas bônoise car il n’existait pas de salle de boxe à Bône) contre une équipe d’amateurs lyonnais. Robert est spectateur : à la sortie du match, il prend la résolution d’être boxeur malgré l'interdiction de son père qui n’affectionne pas ce sport. Le lendemain, il se présente à la salle d’entraînement de la J.B.A.C., où Roger Léoni, le professeur du club l’accueille et l’initie aux premiers gestes des boxeurs. Six mois après, Robert se retrouvait sur un ring pour la première fois, mitaines aux poings, culotte et tricot neufs.

 

Champion du Constantinois à 18 ans, il remporte le championnat amateur d’Algérie en 1949 puis se hisse en demi-finale du Tournoi d’Afrique du Nord.

À 21 ans, Cohen atteint la finale du championnat de France. Ce soir là, il est battu mais sa fougue séduit pourtant Gaston-Charles Raymond, un des managers les plus prestigieux de l’époque, qui le convainc de passer professionnel sur Paris.

 

  • Une ascension fulgurante

Lorsqu'il débarque avec son frère Léon dans la capitale en juin 1951, Cohen remporte huit de ses neuf premiers combats pros, puis quatorze autres l’année suivante. Rien ne résiste à ce prodige qui surclasse ensuite Théo Médina, ex-champion d’Europe. En novembre 1953, à la salle Wagram, Robert bat Maurice Sandeyron aux points et décroche son premier titre de champion de France des poids coqs. Quatre mois plus tard à Belfast, il met au tapis John Kelly, le tenant européen du titre. Après trois autres succès, notamment à Tunis devant le Transalpin Mario D’Agata, il est désigné challenger au titre mondial laissé vacant par l'Australien Jimmy Carruthers.

Il lui faut alors relever le défi sur les terres du Thaïlandais Chamrern Songkitrat. Le 19 septembre 1954 à Bangkok, plus de 60 000 spectateurs soutiennent leur champion local mais Robert Cohen, pourtant victime d'une fracture du pouce de la main droite et coupé à l'arcade droite, s'impose aux points grâce à son courage, sa volonté et son époustouflante rapidité d’exécution.

Robert Cohen était le douzième Français à s'emparer d'une couronne mondiale. Le onzième Français champion du monde s’appelait Marcel Cerdan.

René VENTO

Article réalisé à partir d’informations puisées sur Internet, notamment celles de Georges PEETERS, journaliste à l’Equipe.

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1999. Hommage de l’Amicale des Enfants de Bône à Robert Cohen. De gauche à droite : Gaétan Taboni (Président de l’Amicale à l’époque), Robert Cohen, Baby Jourdan (Président d’honneur), Roland Barbato, Yves Lombardo et Monique Garrigues.

Mis à jour (Lundi, 23 Mars 2015 08:31)