PostHeaderIcon La rue Génova

LA RUE DU CAPITAINE GENOVA ET LA PLACE FAIDHERBE

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La rue du capitaine GENOVA

La rue du capitaine GENOVA reliait l’extrémité sud de la rue du 4 septembre jusqu’à la place FAIDHERBE. Comme le montre le plan ci-dessous, elle coupe successivement les rues des pyramides, la rue Saint Louis, et la rue FREART en arrivant à la place FAIDHERBE.

Elle était anciennement nommée rue de l’Arsenal. Elle avait été contemporaine du début de l’occupation française et on pouvait la voir très nettement tracée, avec son nom sur le plan de la ville dressé le 15 septembre 1833 et portant la signature du Maréchal de camp MUNK D’UZER, qui fut le premier commandant de la subdivision de Bône.
La photo ci-dessous est exceptionnelle par sa qualité, car elle date de la fin du 19ème siècle et nous montre l’ancien angle de la rue du capitaine Génova avec la place Jean Bulliod. Cet immeuble où se trouvait le café St Pierre fut détruit pour laisser place à la « Nouvelle Poste » Au premier plan les bâtiments de l’arsenal où pris place par la suite le Palais Consulaire.
Merci à Monsieur Latkowski de nous avoir adressé cette belle photos de l’époque.
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La carte postale ci-dessus nous montre le très beau bâtiment de la Nouvelle Poste qui devint par la suite le siége de la Tabacoop. Notons également que se trouvait dans cette rue, l’école de danse de Madame Munk.

C’est lors de la libération du conseil municipal de Bône du 5 juin 1914 que l’ancienne rue de l’Arsenal changea officiellement de nom pour devenir la rue du capitaine Génova. Ce dernier avait pris le commandement de la compagnie de volontaires qui avait été formée à Bône lors de la guerre franco prussienne de 1870.

Nous ne pouvions présenter la rue du capitane GENOVA sans évoquer La Place Faidherbe qui fut, certainement la place la plus riche en événements historiques de Bône. Anciennement Place de la Marine, elle pris le nom de FAIDHERBE au début du siècle, pour rendre hommage à ce valeureux général qui commanda la place de Bône entre 1867 et 1870. Nous vous proposons d’en faire le tour et vous la décrire

La place FAIDHERBE

En abordant la place (photo ci-dessous), et venant de la rue du capitane GENOVA, nous découvrons à gauche, le bâtiment de l’inscription maritime qui fait l’angle avec la rue FREART (du nom du commandant de vaisseau la "Béarnaise"). Attenant à ce bâtiment, se trouve l’immeuble des eaux et forêts, dont le logement du conservateur, recouvre sur 6 à 7 mètres l’entrée de la rue du Bédouin (précisons que le Bédouin est un navire ayant participé à la prise de la ville en 1832, voir livre de Roger Rosso "Pik au siècle p 35").
Cette rue est bordée de deux immeubles, à droite, au N°1 la famille Venézia, à gauche, au N°4 la famille Zammit.
Elle est particulière, puisqu’elle remonte en escaliers et donne sur une placette du même nom, agrémentée d’une belle maison mauresque, occupée par la famille Tatar.
Nous trouvons également sur cette placette, et dans l’alignement de l’immeuble Zammit, la maison occupée par la famille Arcamone. Cette placette donnait également sur la rue de la « Surprise », (autre bâtiment ayant participé à la prise de Bône ).

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Redescendons sur la place Faidherbe, par la rue Bonnefoy, toujours en escaliers. Sur la gauche, les anciens logements de fonction des douanes, inoccupés depuis quelques années. A droite la rue d’UZER (premier commandant de la place de Bône que nous avons présenté plus haut) où se trouvaient les bâtiments du Génie.

Sur la place (photo ci-dessous), à l’opposé de la rue du Bédouin, se trouvaient les Bâtiments de la subdivision, ou chaque 31 décembre, la "Clique" du 3e tirailleur, bélier en tête, donnait l’aubade, sous le balcon du logement du Colonel. Rappelons que c’est de ce bâtiment, où il résidait, qu’en 1832, le capitane d’Armandy, se sentant menacé et à l’aide d’une corde s’échappa et rejoignit "La Béarnaise".

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Sur la place, dans le fond, une colonne sculptée, vestige d’une ancienne fontaine témoigne de la vie heureuse de l’époque dans ce quartier. Malheureusement un transformateur de 10 m de haut et 6 m de large, fut installé dans les années 50 et défigura cette belle petite place.

En descendant sur le port, et à l’angle de la place Faidherbe et du quai Warnier, il y avait l’hôtel Faidherbe, tenu par Mr Zérafa, où avait résidé Saint-Saëns pendant 2 ou 3 ans jusqu’en 1902. Il a occupé une petite suite au 2ème étage, (que nous pouvons apercevoir sur la carte postale ci-dessous datant de 1905), et prenait ses repas au rez-de-chaussée de l’hôtel où s’installa plus tard le café de l’Aveyron, qui existait encore en 1962.

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Mais avant de terminer, revenons sur le nom du Général Faidherbe qui résonna surtout en Afrique Noire. Né à Lille en 1818, mort à Paris en 1889, polytechnicien, il débuta sa carrière militaire en Algérie dans le génie. Il fut nommé chef de bataillon en 1854 et gouverneur du Sénégal. Il multiplia les travaux d’utilité publique : port de Dakar, embellissement de St Louis, construction d’hôpitaux, de casernes, d’écoles etc.

Promu général, des raisons de santé le ramenèrent en Algérie et fut maintenu à Bône par le gouvernement impérial pendant la guerre de 1870. Il offrit après Sedan ses services à Gambetta, qui le nomma général de division et lui donna le commandement de l’armée du Nord, forte de quarante-cinq mille hommes. Il gagna les victoires de Pont-Noyelles (8 déc. 70) et de Bapaume (4 janv. 71). En 1879, il fut élu sénateur du Nord.

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Nous remercions Norbert Venézia, Marlène Rouger, Pierre Matarèse et bien entendu, notre doyen Roger Rosso, à qui nous devons toutes ces informations sur ce quartier.

Yves MARTHOT

Bibliographie :

  • La prise de Bône (par le Général de Cornulier-Lucinier)

  • Pik un siècle (Roger Rosso)

Mis à jour (Jeudi, 31 Décembre 2009 01:15)