PostHeaderIcon La rue Eugène François

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Bien connue, par tous les élèves qui ont fréquenté le Collège Technique, cette rue de la Colonne Randon commence au croisement des avenues Garibaldi et Célestin Bourgoin, où se trouve toujours la statue de Diane Chasseresse, pour finir au Chemin des Lauriers Roses, face à l’usine à gaz.

En partant de l’avenue Garibaldi, se trouvaient à l’angle les importants bâtiments des Lièges de l’Edough, dont le dernier directeur était monsieur Giraud. En remontant la rue nous croisons successivement les rues d’Alsace et Galdès, avant d’atteindre le boulevard Lavigerie, puis les rues Robespierre, Général Pau et Danton. Un salut à notre bon vieux Collège Technique que nous laissons à notre droite pour atteindre l’imposante Usine à Gaz sur le chemin des Lauriers roses.

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Le collège technique

Qui était Eugène François ?

Il fut comme Célestin Bourgoin l’un des créateurs du quartier de la Colonne Randon, mais avant d’en arriver là, il connut le « Calvaire des Colons de 1848 » (titre du livre de Maxime Rasteil d’après les notes laissées par Eugène François).Eugène avait 9 ans quand il fit parti des 980 colons du 11ème convoi (1) au départ de Paris le 16 novembre 1848. Avec ses parents et ses deux sœurs, ils embarquèrent à Marseille sur la frégate « Le Labrador » qui toucha Bône le 8 décembre. Ils furent ensuite dirigés vers leur destination finale « Mondovi ».
Après un hiver glacial sous les tentes, le paludisme fit son apparition dès le printemps 1849, suivi du choléra qui emporta dans le courant du mois de juin, Félicité, la sœur cadette, puis sa mère Marguerite et le beau frère Langevin, marié depuis peu à Rosine la sœur aînée. Face à cette situation catastrophique, son père, Victor Gabriel décide de renoncer à sa concession de sept hectares et de rentrer en France, laissant sa fille, Rosine gérante d’une petite mercerie. Le jeune Eugène rentre avec lui, à bord du vapeur « Sinaï ». Dans un petit hôtel du Vieux Port, tous deux très affaiblis, Victor Gabriel se met au lit mais ne s’en relèvera pas. Eugène 10 ans, orphelin et malade est recueilli par les Dauphin, amis de son père, qui le soignent comme un de leurs enfants et le sauvent. Roseline sa sœur, alertée, prend les dispositions pour faire revenir Eugène près d’elle, car elle s’est remariée et tient un hôtel avec son mari près du domaine de Guébar. Les conditions de vie sont toujours aussi difficiles.

Nous sommes en 1850 l’insécurité règne, les arabes attaquent Barral (Mondovi le Haut) et c’est en venant de Bône au secours des colons menacés que le capitaine Mesmer perd la vie. Les années passent, en 1859, Eugène a 20 ans et mesure 2m07, on le surnomme « Le grand Eugène ». Il travaille comme contremaître à la ferme de monsieur Lacombe, maire de Bône, et il épouse Adélaïde Bonnefoy, dont le père est fermier. Ils auront treize enfants dont huit morts en bas âge. Il partagea avec son beau-père le fermage et ils eurent de bonnes récoltes qui lui permirent sur les conseils d’un notaire, maître Vidal, d’acquérir 4 500 mètres carrés de terrains vagues au quartier des Prés Salés de Bône. Il devint ainsi propriétaire du faubourg naissant de la Colonne Randon, et cultiva l’olivier, la vigne et des arbres fruitiers.

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Il fit don à la ville de Bône de :

  • 25.000 francs de terrain, en vue de son embellissement.
  • 800 m2 pour la réalisation de la rue des Prés Salés qui rejoindra la route de l’Orphelinat.
  • 400 m2 destinés au tracé de la rue d’Alsace.

En 1884, le Grand Eugène à 45 ans prend possession de trente hectares à Blandan et devient ainsi le premier colon du site. Au soir d’une journée de printemps, en avril 1916, épuisé, il s’éteint à l’âge de 77 ans. Il repose au cimetière de Bône où nous avons retrouvé sa tombe.

Sur celle-ci est gravé

Ici repose Eugène FRANÇOIS
Créateur
de la rue des prés SALES
et de la rue d’ALSACE COLONNE RANDON
Décédé à Bône le 23 mars 1916 à l’âge de 77 ans
Regrets Eternels

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Ces informations nous ont été transmises par :

  • Marie-Claire MISSUD dans son ouvrage « Eugène FRANÇOIS » mon ancêtre.
  • Eugène WARION dans son livre nous parle également d’ Eugène FRANÇOIS et de son ancêtre qui fut aussi un colon volontaire du 11ème convoi et maire de MONDOVI de 1877 à 1882, dont il porte le nom.

Merci à tous deux pour ce riche travail de mémoire.

(1) Il y eut entre le 8 octobre 1848 et le 18 mars 1849 17 convois représentant un total de 14.551 colons qui quittèrent PARIS à destination de l’ALGERIE.

Yves MARTHOT

Bibliographie :

  • Le Calvaire des Colons de 1848 (Maxime RASTEIL)
  • Les Colonies Agricoles de 1848 (Maurice BEL)
  • Eugène FRANÇOIS mon ancêtre (Marie-Claire MISSUD)
  • MONDOVI : LE 11ème CONVOI (Eugène WARION)

Mis à jour (Jeudi, 31 Décembre 2009 02:25)