PostHeaderIcon La rue Sadi Carnot

Par Georges REFAL0

Cette rue était la seule qui permettait d’accéder directement à la station balnéaire de Bugeaud aussi, était-elle la plus vivante et la plus fréquentée du Faubourg. Elle m’a vu naître et comme je l’ai parcourue des milliers de fois, je vous propose de faire un bout de chemin ensemble pour la redécouvrir.

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Entrée de la Colonne : à gauche, le Palais Loucheur et à droite, le début u boulevard Papier.

Elle débutait à la place MARCHIS, pour aboutir aux quatre chemins. A son origine, côté droit, un grand immeuble qui abritait : A l’angle du boulevard Papier, un magasin de cycles tenu par LAFRANCESCA avec au dessus le cabinet du docteur LEVY puis, la pharmacie GOETZ, la librairie papeterie CEPI, une auto école, le salon de coiffure de monsieur AVIGNON et la pâtisserie «Arlette» tenue par la famille MORALES. Mitoyen à cette habitation se trouvait un terrain vague assez important, sur lequel les cirques « Antonio », « Buffalo Bill » et « Amar » venaient installer leurs chapiteaux. Sur cet emplacement, la Cité Bourrut et le cinéma «Empire» ont été construits dès 1955. Au-dessus du cinéma, résidait mon ami Nicolas BOSCO. Jouxtant cette Cité, se trouvaient le boulodrome et le café tenu par Clairette l’épouse de notre Champion de moto cross Louis MARINO, puis un marchand de légumes à l’angle de la rue Burdeau. Cette rue, menait au cinéma « Forum » baptisé plus tard « Vox », angle de la rue Abbé Grégoire et du Boulevard Papier.

A l’autre angle de la rue Burdeau et Sadi Carnot, l’épicerie de Joseph REFALO puis, la pâtisserie SCOTTI, la boulangerie GASPARI, le Café de Paris, tenu successivement par messieurs LEONI et JANNUZZI et, le passage SAVINO. En prolongeant, on passait devant le marchand de légumes Charlot TARENTO, un marchand de beignets, un café maure et on arrivait à la rue de Malte. Après avoir traversé cette rue traversée, à l’angle se trouvait une poissonnerie, puis, plus loin, une mercerie, le photographe PONS (qui plus tard a cédé son magasin au fleuriste MICCALEF pour aller s’installer en ville, face à l’école VACCARO), l’épicerie MICCALEF (un homonyme), le salon de coiffure AVIGNON (frère de celui déjà cité), un marchand de beignets, l’atelier de bourrellerie d’Hippolyte MAURY, la boulangerie de Florentin MARTINELLI, le débit de boissons de madame BUSCARINO, un autre marchand de légumes, puis l’immeuble où est né le Maréchal JUIN, situé à l’angle des rues Sadi Carnot et docteur MESTRE. Cette maison abritait le magasin du fleuriste MICCALEF qui, suite à son déménagement, deviendra la Pharmacie CATALDO et, pour terminer, un café maure.

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Rue Sadi CARNOT au début du siècle dernier

Entrée de la rue Sadi CARNOT : à gauche, l’avenue Célestin BOURGOIN et L’Idéal BAR à l’angle ;à droite, la rue BURDEAU avec à l’angle, l’épicerie REFALO.
A l’autre angle de cette rue, la boucherie BORG puis, KAREZI où j’achetais souvent mes bonbons, un marchand de légumes et la rue du Général CHANZY qui faisait face à mon domicile. Passé cette rue et placé à l’angle, le buraliste MOUSTACHE puis, l’immeuble BORG où je suis né. Des figures bônoises habitaient cette bâtisse : NANA le vendeur de moules, Gugu MANGION (celui qui a mal tourné et qui, après s’être mis en ménage avec Jean-Pierre, assurait la fonction de cuisinier dans une maison de tolérance à la Place d’Armes), Mimi FORMOSA (le chanteur à la voix d’or), son oncle Carmello BORG qui capturait les oiseaux à l’aide de glue et de cage attrape puis, leur crevait les yeux pour les rendre plus performants).

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A gauche derrière la 2 CV, la pâtisserie SCOTTI
située face au Chapelier MILLO

Reprenons notre promenade depuis les établissements situés en façade de cet immeuble, le fameux « Café de Marseille» tenu par Michel CONTE, l’épicerie BORG, la résidence de madame GARCIA (l’infirmière du quartier), le coiffeur BRACCA, les épiceries d’ABDALLAH le mozabite et de Mme ALLEMAN face à l’école Sadi Carnot puis, la rue du Général YUSUF. De cette rue jusqu’au boulevard Jean MERMOZ, se trouvaient les bureaux de la « Commune Mixte de l’Edough ».

Nous venons d’effectuer un circuit de 620 mètres. Si vos chaussures ne vous font pas mal et que vous souhaitez redécouvrir ce qui se trouvait sur le trottoir d’en face, continuons ensemble ce parcours pour revenir à notre point de départ. Nous sommes arrivés aux quatre Chemins. Que retrouve-t-on à ce carrefour ? Face à la Commune Mixte où nous nous trouvons, à l’angle des boulevards de Strasbourg et Mermoz, le Café maure de Ben SALEM et l’immeuble MICALLEF. A l’autre angle du boulevard de Strasbourg et du chemin de Ceinture, la maison GARGUILLO (qui tenait un magasin de lustrerie prés du Théâtre) puis, en mitoyenneté sur ce Chemin, le menuisier FITENI très connu des Bônois. Ce monsieur sûrement le plus grand gymnaste que la ville ait connu, avait une double personnalité : Lorsqu’il dirigeait la salle de gymnastique située sous les tribunes du Stade municipal, ses élèves avaient intérêt à bien se tenir car il était sévère au possible. Par contre, dans sa vie de tous les jours, c’était un gai luron et un farceur de première.

Terminons les quatre Chemins. Face à l’immeuble Garguillo, à l’angle de la rue Sadi Carnot et du chemin de Ceinture, se trouvait la papeterie MARTINEZ. En mitoyenneté sur le chemin de ceinture qui menait au Pont Blanc, le garage de la police où, des mécaniciens montaient et mettaient au point des motos. En nous dirigeant vers la ville, se trouvaient le café « Chez Georgette » puis l’épicerie située à l’angle de la rue du 14 juillet tenue respectivement par Madame BUONO puis par madame DELMEDICO. Paule BRUSCHINI, née BUONO qui, le 30 janvier 2008 a été promue Officier de la Légion d’Honneur, a passé son enfance dans cette épicerie tenue par sa mère.

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L’école Sadi CARNOT en 1980

Cette rue traversée, « l’école Mixte Sadi Carnot » puis l’immeuble ALLOUCHE. Dans cet ensemble, résidaient quatre footballeurs très connus : Xavier et Antoine TRUGLIO de l’ASB et, MATSKI et FORSTER de la J.B.A.C. Venaient ensuite un magasin qui, à ma connaissance, a servi de dépôt vente des vins Tannières puis, de lait à monsieur MICCALEF, une boucherie et enfin le magasin d’exposition et de vente de meubles des frères BARTHOLO. Faisons une pause ; nous venons d’arriver au n°43 de la rue Sadi Carnot, face au Café de Marseille. C’est dans cet immeuble que j’ai passé toute mon adolescence. Ce magasin a été successivement occupé par la famille TITONE, puis par monsieur BORG (réparateur de postes radios) et enfin par les frères BARTHOLO qui ont crée leur premier atelier d’ébénisterie en 1949.

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Domicile de Georges REFALO au 43 rue Sadi CARNOT.

A gauche, l’épicerie LAZERAT et à droite, la menuiserie BARTHOLO.

Dès leur installation et pendant six années, j’ai passé mes temps de loisirs et mes vacances scolaires aux côtés de Jojo l’ébéniste et, de Sauveur qui s’occupait plus spécialement de la partie commerciale et des livraisons. Grâce à leurs conseils, j’ai appris à travailler le bois et à démonter ou remonter toutes sortes de meubles lors des livraisons où souvent j’assistais Sauveur. Trop à l’étroit, ils ont du déménager six années plus tard, leur atelier au boulevard de Strasbourg (terrain Gandolphe) et, transformer ce local pour en faire leur magasin de vente et d’exposition.

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A droite, le café de Marseille et l’immeuble BORG où est né Georges REFALO.

Jojo BARTHOLO était un bouliste (Jeu Lyonnais) très connu. En qualité de tireur, il faisait partie de l’équipe qui représentait notre département lors des différentes compétitions à haut niveau. Pour maintenir sa forme et son adresse, il allait tous les soirs faire sa partie au boulodrome de « l’Amicale » qui était situé boulevard Dauphin, entre le stade municipal et les jardins de la Pépinière.

Reprenons notre promenade en direction de la ville. Le deuxième magasin de l’immeuble où je résidais a été un salon de coiffure tenu par M. XERRI puis est devenu une épicerie tenue respectivement par Mes DIMECK puis LAZERAT, le Café d’ARSENE, la bourrellerie VALERO qui devint une imprimerie, la boulangerie PIETRI rachetée par les frères LANASPRE qui ont ensuite créé la « Reine Claude » rue Gambetta, le salon de coiffure BRACCA et l’épicerie AMAR située à l’angle des rues Sadi Carnot et du ergent ALLEMAN.

Passé cette rue, j’ai connu : un terrain vague où la 1ère église Sainte ANNE avait été édifié devenu successivement : le complexe sportif de l’Electra Sport puis, l’école de filles Sadi Carnot.
Se trouvaient ensuite, l’atelier de plomberie de CANNE Vavo, le domicile de CHEMAMA ( boxeur qui a remporté le titre de Champion de France ), la boucherie des frères GRECK, la fabrique de pâtes ZERAFA, BEN TAYEB le marchand de pneus puis la rue Colbert face au Passage Savino.

Le Café des Alpes faisait angle des rues Sadi Carnot et Colbert ; en poursuivant notre chemin, nous arrivons à la rue Téddé. A l’angle de cette rue se trouvait la boucherie de SRIR puis successivement, le magasin de vêtements de LOULOU le mozabite, l’épicerie de madame DRAGON, l’atelier d’Antoine le tailleur, la résidence de MILLO le chapelier, un deuxième marchand de linge, un magasin de vente de postes radio, le salon de coiffure tenu par Salvador et à l’angle de l’ avenue Célestin Bourgoin «l’ Idéal Bar ».
Ce café était tenu par les familles MAURY et ROMANI, père de mon grand ami GUY. Mitoyen à cet établissement en se dirigeant vers l’avenue Garibaldi, se trouvaient un fabriquant de fromages et, les ateliers de ferblanterie et de nickelage BARBARA.

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Sur cette photo prise en octobre 2008, on aperçoit Cathy MARTHOT
devant la maison où est né le Maréchal JUIN.
Cette maison est situéeà l’angle des rues Sadi Carnot et docteur MESTRE.

L’avenue Bourgoin traversée, se trouvait un chemin en terre qui rejoignait l’avenue Garibaldi. Sur ce passage, monsieur SPITERI faisait sécher sur des étagères, les pâtes qu’il fabriquait. Après avoir longé l’arrière du garage LECOY, nous arrivons au « Café du Progrès » tenu respectivement par Mrs FENECH et DIDIER » situé à l’angle de la rue Sadi Carnot et de l’avenue Garibaldi. Dernière précision, devant cet établissement, se trouvait une pompe à essence qui fonctionnait à la main et la « Stèle de la Colonne Randon ».

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Stèle de la Colonne Randon au quartier Vienot
à la Légion Etrangère d’Aubagne.

Mis à jour (Jeudi, 31 Décembre 2009 15:37)