PostHeaderIcon La rue Gambetta

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Tous les Bônois l’ont empruntée ou tout au moins traversée, puisqu’elle aboutissait sur le coté le plus fréquenté du « Cours Bertagna ». Cette large et longue rue commençait donc sur le Cours Bertagna et aboutissait Place Maria Favre, après avoir coupé successivement les rues Perrégaux, Mesmer, Bugeaud, Jean Jaurès, Jérusalem et croisé les rues Chèrifi, Bougentas avant d’atteindre la Place Maria Favre.

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Par manque d’informations, je ne pourrai pas vous décrire tous les commerces de cette belle rue mais cela pourrait faire l’objet d’un second article, si nos lecteurs pouvaient nous adresser les informations qu’ils auraient en mémoire, concernant les activités de celle-ci. Nous nous contenterons pour cette fois-ci, de détailler son début entre le cours et la rue Perrégaux ; ce que Roger Rosso dans son livre « Pik, un siècle » a minutieusement réalisé respectant même les arrondis des trottoirs que nous remarquons sur son plan (fonction d’architecte oblige)…

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Chaque ville avait sa brasserie ou son café fétiche. A Alger, c’était « L’Otomatic », à Oran, « Le Clichy », à Constantine, « la Brasserie de l’Etoile » et à Bône c’était… « la Brasserie de la Paix » qui, par ses rencontres, ses rendez vous et ses intrigues pourrait également faire l’objet d’un article.

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Ses terrasses très animées s’étalaient sur l’angle de la rue et se prolongeaient sur la promenade du cours. Sur ce même trottoir, se trouvait l’entrée de l’immeuble Wenger avec son bel escalier que nous apercevons sur la photo ci-dessous.

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A coté, l’agence Air France tenue par Jean Palomba ; après la bretelle qui mène au passage des Thermopyles, s’élevait la magnifique bâtisse (photos ci-dessous) du « Palais Apap » datant de 1908, nom de son constructeur Louis Apap que j’ai découvert lors de mes recherches dans un numéro d’ « Afrique du nord illustrée » de 1933. Cet article, très intéressant consacré aux grands constructeurs algériens, nous apprend qu’il était également à l’origine de la construction d’autres édifices comme le premier Hôtel des Postes, derrière le Monument aux Morts. Il possédait en association, avec Jean Mannuelli (riche propriétaire foncier) le groupe d’immeubles, coté théâtre, comprenant l’Hôtel d’Orient jusqu’à la rue Perrégaux. Précisons que ces constructions étaient l’œuvre du grand architecte bônois Edouard Gonssolin qui créa également le premier théâtre et le Collège de Jeunes filles devenu plus tard Lycée Ernest Mercier.

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Après cet aparté, revenons à notre rue. Au rez-de-chaussée de l’immeuble Apap se trouvait la pharmacie Ligier anciennement Boulet qui était à l’angle des rues Gambetta et Pérrégaux.

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A l’autre angle, le magasin d’instruments de musique Colin « la Voix de son Maître ».

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Sur le trottoir d’en face tout au début, la B.I.A.N (banque industrielle d’Afrique du nord), directeur Monsieur Marcel, faisait l’angle avec le cours. Après la bretelle du passage des Propylées, la bijouterie Jules Feloux, puis la pâtisserie Georges Attard et à l’angle de la rue Pérrégaux la mercerie Xerri. A l’autre angle, le café « le Succés » réputé pour sa kémia. Nous continuerons ce parcours dans un prochain numéro de la Dépêche.

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Léon Gambetta

Avocat et homme politique français, né à Cahors en 1838, mort à Ville-d’Avray en 1882. Il mena une vie politique mouvementée. Député de Marseille en 1869, chef du groupe d’opposition, il réclama le 4 septembre la déchéance de l’Empire. Il quitta, en ballon, Paris investi, alla prendre à Tours la direction de la délégation du gouvernement national et devint à la fois ministre de l’intérieur et de la guerre. Les élections de 1876, qui amenèrent au pouvoir une majorité républicaine, lui permirent d’en devenir le chef. Il prononça à Lille les fameuses paroles : « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, il faudra se soumettre ou se démettre », qui lui valurent une condamnation à trois mois de prison. Après les élections d’octobre 1887, il força le Maréchal de Mac-Mahon à se soumettre en appelant aux affaires le Cabinet Dufaure.
Après la démission du Maréchal de Mac-Mahon et l’élection de Grévy à la présidence de la République, il fut nommé président de la chambre et fut chargé par Grévy, en novembre 1881, de former un ministère où il prit la présidence du Conseil et des Affaires étrangères. Il fut renversé du pouvoir en 1882, ce qui mit fin à sa carrière politique.

Yves Marthot

Sources :

  • Revue Afrique du nord illustrée de 1933
  • Roger Rosso « Pik, un siècle »
  • Encyclopédie Larousse

Mis à jour (Jeudi, 31 Décembre 2009 16:00)