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LA CAROUBE

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Quelle idée d’être venu se perdre sur cette pointe rocheuse battue par les vents ?…
Le palmier se le demande encore…Pourtant, il se sent à l’aise présent en ce lieu qui domine la petite plage si animée en été… Même s’il regrette u peu qu’elle ait choisi un autre arbre pour se donner un nom.
Le Caroubier existe, bien sûr ; il est même plus vieux que lui, mais de terre comme de mer, celui que l’on voit de loin, c'est lui : le palmier.
Né spontanément d’une graine ou planté par le bâtisseurs du fortin tout proche ? Mystère…

C’est que l’endroit n'avait pas été bien gai pendant sa prime jeunesse, quand seuls quelques pêcheurs venaient allonger leurs filets sur une plage alors déserte… Et puis, au fil des ans, alors qu’au loin dans le Sud grandissait une belle ville, les hommes sont venus planter là tout un chapelet de cabanons. Et, peu à peu, le palmier a vu naître à ses pieds un village où chaque été, tout un petit monde vient chercher là, la joie de vivre…

Dès fin juin, à pieds ou en calèche, arrivent les familles qui, le Dimanche, viennent faire une toilette aux cabanons et fêter la Saint Jean en allumant un feu souvent alimenté par les débris d’une vieille barque… Et quand Juillet est là, début des grandes retrouvailles, le Palmier revoit vivre sa plage, avec ses images, ses bruits, ses odeurs…

Cabanons riants au soleil de toutes leurs fenêtres, barques revenues s’ancrer non loin de la rive, cris de la jeunesse s’ébattant dans les eaux tièdes, ou à ses pieds dans le dédale du fortin , palabres des ménagères devant le marchand de pain, appels désespères du marchand de glace devant ses barres qui fondent à vue d’œil, odeurs de grillades… toute une vie insouciante qui enchante le palmier.
C’est "LA CAROUBE" renaissant pour trois mois d’Eté…Avec des temps forts ponctuant le quotidien :

  • Procession du 15 Août, où fleuries par les fidèles , les barques vont rejoindre les chalutiers, au large, pour fêter la Vierge.

  • Pèlerinage en calèches à la basilique d’Hippone pour la Saint Augustin.

  • Et puis fin septembre, l’apothéose de la Saint Michel, patron de LA CAROUBE.

La kermesse attire une foule de citadins et comme elle se déroule tout près de lui, sur le plateau, le Palmier n’en perd pas un détail. La piste ronde cimentée où dansent jeunes et vieux (souvent pieds nus). Tout autour, face à l’orchestre, les stands animés, tenus par des sportifs et des bénévoles, drapeaux et guirlandes…
Tout le monde se connaît et se tutoie…C'est l’euphorie générale jusqu’à une heure avancée de la nuit…

Et quand le lendemain, une fois stands et guirlandes démontés, la nuit tombe sur le plateau, le Palmier contemple tristement le seul vestige de la fête : une piste cimentée, ronde et nue, sur laquelle se reflète la Lune.

Mais octobre est là… Peu à peu les cabanons ferment leurs volets, les barques retournent au port… Seules quelques "chatines" sommeillent, ventre en l’air sur le haut de la plage à présent déserte, attendant d’éventuels "pechcaillons du Dimanche"…

Et LA CAROUBE s’endort… Et le palmier rêve sur la piste qu’il ne quitte pas des yeux, la nuit, il lui semble voir danser encore des couples d’ombres, promesse d’un retour certain une fois les beaux jours revenus.

C. MAGGIORE

Mis à jour (Mercredi, 30 Décembre 2009 02:19)