PostHeaderIcon Augu, Benguèche, Chichette...

AUGU, BENGUECHE, CHICHETTE, PARIS-SOIR ……et THIERS

Parodie bônoise de la partie de cartes de PAGNOL

Il est 11 h un dimanche matin. Il pleut. Sous les arcades du palais Lecoq, devant la brasserie « le Maxéville », Benguèche, Paris-Soir, Chichette et Augu sont assis autour d’une table. Ils jouent à la belote bônoise. Benguèche fait équipe avec Paris-Soir et Chichette avec Augu
Pendant la nuit, Benguèche et Paris-Soir ont retourné face pour face la statue de THIERS de telle sorte que l’on puisse observer l’incontinence du personnage du côté du Maxéville.
Au début de la scène Paris-Soir regarde son jeu attentivement et , perplexe, se gratte la tête. Les trois autres joueurs attendent sa décision.

Augu (impatient)
- Zotche alors quoi ? A toi c’est de jouer !

Paris-Soir
- Atso ! je sais que c’est à moi mais je réfléchis ac la tête !

Benguèche (à Paris-Soir)
- Tu vas pas réfléchir jusqu’à demain aussinon ta tête elle se va clater comme la grenade !

Chichette
- Tu veux pas que j’va t’achter de l’aspirine à chez le père Gelsi comme ça tu réfléchis plus vite sans que le mal de tête y te vient !

Paris-Soir se décide soudain. Il prend une carte, lève le bras pour la jeter sur le tapis puis, brusquement il la remet dans son jeu.

Paris-Soir (à Benguèche)
- Oh Benguèche ! Qui c’est qui mène aux points ?

Benguèche
- C’est eux o’ gougoutse !

Augu (sarcastique)
- Et c’est ac ce coup-ci qu’on va saoir qui c’est qui se prend le saucisson.

Paris-Soir
- C’est pour ça que je me demande si Augu y pisse à coeur.

Benguèche
- Si t’iavais bien fait la d’jeille, le jeu tu le saurais o’calamar farci !

Chichette (outré)
- Bande de falsos ! On parle pas à la belote ! C’est pas le marché arabe ici !

Augu (à Benguèche)
- Si tu parles encore un mot, à chez Tado je t’envoie !

Benguèche (à Augu)
- T’ias pas besoin d’avoir le takouk des nerfs énervés : comme ça tu ressembles à THIERS !

Paris-Soir (pensif)
- Je me pense toujours si Augu y pisse à coeur.

Benguèche fait un signe en désignant de l’index la statue THIERS puis il se lève et avec son index au niveau du bas-ventre prend la position de la statue Thiers. Paris-Soir ne voit pas mais Augu l’a surpris.

Augu (furieux)
- Entention à pas faire des vilains gestes ! aussinon !

Benguèche
- Ousque te vois des vilains gestes ? Je chasse les mouches.

Augu
- Arregarde que ton jeu ! ( à Paris-Soir) Et toi aussi !

Benguèche
- ça va, ça va, diocane et guidamourte (et il baisse les yeux)

Augu (à Paris-Soir)
- Entention ! si tu continues à faire des grimaces, je te jette les cartes à la fugure et on fait tchoufa !

Chichette
- T’énerve pas Augu, le poupre il est cuit pour eux !

Paris-Soir
- Moi je connais bien la belote et je serais plus rapide si je serais sûr qu’Augu y pisse à coeur.

Augu
- Dans la rascasse de toutes tes bises, j’ta déjà dit que te te la fermes !

Paris-Soir
- M’la ferme moi ! Je réfléchis ac la bouche !

Augu
- Réfléchis en silence diocanamadone !
( Benguèche pointe encore son index vers la statue de THIERS)
- Entention Chichette, ils se font encore des gestes ! Chichette tiens un oeil sur Paris-Soir et moi je me tiens l’autre à Benguèche.

Benguèche (à Augu)
- Tu me fais la d’jeille comme si j’étais un voleur de poules ! c’est pas bien ça ! c’est pas bien ça !

Augu (presque ému)
- Michquine, je t’ai fait de la peine o’Benguèche !

Benguèche (ému)
- Oui, on dirait que ton cœur y devient dur comme la statue THIERS aujourd’hui.

Augu
- Arrête de faire des necs, tout ça c’est pas grave, c’est un jeu !

Benguèche (mélancolique)
- N’empêche que ton cœur il est comme la statue Thiers quand y tombe de l’eau !
(à Paris-Soir)
- Et toi, tête de neu, qu’est-ce tu penses de son coeur ?

Paris-Soir (ahuri)
- Moi ! J’en pense rien.

Benguèche (il lève les yeux au ciel et désigne la statue de THIERS)
- Saint Aoustine , ouvrez-lui les yeux à ce guitche !

Paris-Soir ( il pousse un cri de triomphe car il vient de comprendre. Il jette un as ce cœur sur le tapis)
- ça y est je me décide à jouer : as de coeur !

Augu (il regarde Paris-Soir, puis Benguèche, puis se lève brusquement, furieux)
- Tu me prends pour un gougoutse ? T’ias dit que "mon coeur il est dur comme THIERS quand y tombe de l’eau" pour lui dire que je pisse à coeur et ce calamar y joue coeur ! le con de ses morts !

Benguèche (il prend un air innocent et surpris)
- Le rouge à la fugure y me monte si j’ai triché !

Augu (il jette les cartes au visage de Benguèche et lui fait un bras d’honneur)
- Attrape les cartes o’tricheur à la manque ! Même pas si y vient Azrine avec toi je rejoue !
(puis il sort en criant)
- Si je trouve les coulots qui ont retourné la statue THIERS, ac les os de leurs morts je me fais une échelle pour les attraper même si y se cachent en dessur le phare du Cap de Garde.

FIN

La scène que nous avons eu le plaisir de vous présenter est une production de l’Amicale des Enfants de Bône. Elle a été créée à AIX EN PROVENCE le 26 février 2005 par Yves Lombardo, Pierre Matarèse, Christian Migliasso et Gaétan Taboni.

Le texte a été écrit par René Vento

Mis à jour (Mercredi, 30 Décembre 2009 22:01)