PostHeaderIcon A chacun sa franche vérité

Tous les Bônois connaissent les armoiries de Bône, dessinées par monsieur GONSOLLIN, architecte du vieux théâtre. L’interprétation de ces armoiries reste toutefois un sujet de discussion très animée entre ceux qui prétendent tout savoir et ceux qui ont la certitude de détenir la franche vérité.
Trois Bônois en exil, Robert VERDURA (alias Sauveur), Jean THEVENET (alias Carmélo) et René VENTO nous ont révélé leur vérité à eux, dans un sketch joué le 26 février 2006 , dans la Maison Alphonse JUIN, dans le cadre des conférences organisées par l’amicale des Enfants de Bône.


Jean THEVENET et Robert VERDURA

René
- Comme toutes les grandes villes, Bône avait ses armoiries. Elles ont été dessinées par Monsieur GONSSOLIN, Artiste et Arc hitecte du Théâtre de Bône.

Sauveur
- Oh Carmélo, dans l’âme de tes morts, c’est quoi une armoirie ?

Carmélo
- C'est un dessin qui s’a du trouvé dans une armoire !

René
- La couronne, tout en haut, nous rappelle que l'Antique Hippone se nommait HIPPO REGIUS qui signifie HIPPONE LA ROYALE.

Sauveur
- Bah bah bah !! La couronne des rois en dessur le dessin elle veut donc dire qu’à Bône on est les rois ?

Carmélo
- Atso, tu savais pas qu'à BONE on est les Rois ! La preuve, y 'a que des Palais : le Palais Calvin - le palais Lecoq - le Palais Consulaire- le palais de justix - et même le Palais Loucheur qu’il a un œil qui arregarde la rue Garibaldi et l'autre œil qui zieute sur le square Randon..

René
- Sous la couronne, vous apercevez un Rameau de Jujubier, dardant ses aiguillons acérés pour protéger ses fruits de Corail contre les entreprises ennemies. Ce rameau se détache sur un champ pourpre comme l’est le sang généreux que les Bônois de toutes époques ont su verser pour la défense de leur cité.

Sauveur
- Qué jujubier oh gougoutse, le morceau d’arbre en haut il est une branche d’olivier comme y se vend en bas la Cathédrale pour les rameaux. Ma je comprends pas pourquoi il a dit qu’y avait des pourpres !!

Carmélo
- Où tu vois des pourpres ! Y a ni pourpre ni calamar ! Le fond pourpre c’est la couleur rouge comme la sauce de la macaronade à madame Marmorato.

René
- Au milieu et à gauche, vous apercevez l'effigie d'un lion. Elle symbolise le lion de granit qui depuis des millénaires gardait la rade de BONE. Ce rocher a été détruit sous prétexte qu'il gênait la défense de la baie contre d'éventuelles incursions de sous-marins.

Sauveur
- Zotch alors ! Je croyais que les lions y zaimaient pas l'eau. ça doit être un lion de mer.

Carmélo
- Qué lion oh calamar ! M’sieur Roger ROSSO y l’a dit que c’était un chat noir qu’il est posé en d’sur la jetée Babaillot et qui guette les tchalutiers pour avoir d’la matsame.

René
- Sur un champ d’un Azur intense comme l’est le beau ciel d’Afrique , au bord d’une mer agitée , le Rocher du Lion doré par les rayons du soleil levant , le soleil regarde placidement venir à lui une Galère que sa Voile gonflée pousse vers la cité.

Sauveur
- Y dit qu'il y a une galère à côté du lion. C’est quoi une galère ?

Carmélo
- Diocanamadone , t’ias jamais été au cinéma oir les films ac quirk doubleglass ! Une galère c’est comme une tchatine qu’à la place du moteur y a des hommes qui rament comme au Rowing club en dessur la Sybouse.

René
- La galère rappelle la vocation maritime de la ville. C'est toujours par la mer que sont arrivés les envahisseurs qui ont occupé la région depuis la plus haute antiquité.

Sauveur
- Ousqu’y voit des envahisseurs ce guitche !! je suis pas tchégate pourtant et je vois personne dans la galère.

Carmélo
- Y a personne pour faire croire que le lion il a bouffé tous les passagers. C'est pour donner la schcague à tous ceux qui veulent venir s'installer ici. C’est comme à devant l’école Saindi Carnot, y a écrit entention à l’école, ici y l’armorie y t’avertit : entention à le lion.

René
- Tout en bas, une inscription en latin "FERIT et ALIT" . Les latinistes pensent que cette inscription signifie « il pique et il nourrit » et qu’il s’agit du jujubier. D’autres disent qu’elle signifie « elle porte et elle nourrit » et qu’il s’agit de la mer.


Dessin de Yves LOMBARDO

Sauveur
- Il pique à de bon ma y t’enlève pas la faim.

Carmélo
- Allez va de là va, FERI ET ALI y sont les premiers Bônois préhistoriques. FERI c’est un français et ALI c’est un arabe. Comme ROMULUS ET REMUS y zont fondé ROME , FERI ET ALI y zont fondé Bône.

Sauveur
- Zotche alors je savais pas que lt les Français y zétaient déjà ici avant que Yusuf y débarque au lever de l’aurore ?

Carmélo
- Et oui fils, Bône c’est chez nous ! Même pas si vient Azrine on s'en va d' ici un jour ! Tu m’as compris j’espère ?

Sauveur
- Ouais, je t’ ai compris, mais mon père y m’a dit qu' il faut jamais faire confiance à ceux la qui nous disent qu'ils nous ont compris !

René
- Tout en bas, la Croix de Guerre reçue des mains du Président Vincent Auriol en 1949 pour honorer BONE, ville martyr en raison des nombreux bombardements qui l'ont frappée en 1942 et 1943.

Sauveur
- Aga moi ça qui raconte cet intello à la mord moi le, La croix ; c’est bessif une croix de Malte car tous les Bônois, y sont complètement Maltais, ou y sont à moitié Maltais : y en a même qui sont double maltais pourquoi y s’appellent DIMALTA.

Carmélo
- Diocanamisère, à force de faire des neks en dessur les armoiries, ma gorge elle est seche comme une figue de l’épicerie Taboni. Allez viens, nous s’en allons nous taper une anisette à la santé de nous zotres !!!!!

La moralité de cette histoire, c'est qu'à BÔNE : chacun il avait sa franche vérité qu'elle était la sienne

René VENTO

Mis à jour (Mercredi, 30 Décembre 2009 22:08)